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Ouvrir la voie

À quoi peut-on attribuer l'émergence d'initiatives dirigées par des Autochtones? Nous avons posé la question à nos experts d'ESG 101. Voici ce qu'ils avaient à dire sur le sujet.

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Partout dans le monde, les entreprises ont commencé à intégrer les initiatives ESG des peuples autochtones en vue de protéger les terres, l'eau, les cultures et les langues, un virage par rapport aux premiers efforts de gestion commune, qui ont souvent été insuffisants pour répondre aux immenses problèmes environnementaux et sociaux qui se présentent. L'intégration des savoirs occidental et autochtone peut poser problème en apparence, d'autant plus en entreprise ou dans un milieu où l'un prend le pas sur l'autre sans réelle collaboration.

Il n'en reste pas moins que la création d'espaces sûrs, éthiques et respectueux de tous les savoirs est non seulement possible, mais représente aussi un vecteur d'innovations révolutionnaires. Au Canada, de nombreux chefs et professionnels autochtones font valoir ces initiatives. Grâce à des partenariats avec des organismes tels que Conservation de la nature Canada et Parcs Canada, des projets de conservation de peuples autochtones comme le programme Land Guardian (gardiens du territoire) prennent forme. Les politiques et règlements de l'État vont aussi dans la même direction, et l'évaluation des impacts de la réglementation environnementale canadienne assure désormais « que les groupes autochtones et les collectivités locales soient impliqués dans la supervision indépendante des programmes de surveillance et de suivi [...]. »

En dépit de la grande diversité des nations, les initiatives des peuples autochtones ont de nombreux éléments en commun : cérémonies et prise de décisions d'ordre spirituel dans le cycle de vie du projet, prépondérance de l'échange de récits. Les responsables de la durabilité des entreprises qui veulent en apprendre davantage le savoir autochtone sur la gérance environnementale et la mobilisation efficace d'initiatives des peuples autochtones peuvent lire Braiding Sweetgrass de Robin Kimmer, Two-eyed Seeing de l'aîné Albert Marshall ou These Mountains are Our Sacred Places, du chef John Snow père.

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L’Initiative canadienne de droit climatique

Le premier des Principes régissant la relation du Gouvernement du Canada avec les peuples autochtones est le suivant : « Le gouvernement du Canada reconnaît que toutes les relations avec les peuples autochtones doivent être fondées sur la reconnaissance et la mise en œuvre de leur droit à l'autodétermination, y compris le droit inhérent à l'autonomie gouvernementale. » Ces principes se fondent sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et s'alignent sur le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones et sur les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

On attend depuis longtemps la réconciliation ainsi que le respect des droits et des lois autochtones au Canada. Le résultat des relations entre les Autochtones et le Canada ces 200 dernières années s'est avéré catastrophique et destructeur.

Citons Terri-Lynn Williams-Davidson, avocate-conseil de la nation haïda, associée principale du cabinet White Raven Law et co-investigatrice principale de l'Initiative canadienne de droit climatique : « Les peuples autochtones vivent en symbiose avec la terre et la mer depuis des millénaires. Les changements climatiques sont la prochaine vague colonisatrice. Par exemple, Haida Gwaii est déjà aux prises avec une hausse de la température des océans et du niveau de la mer, l'acidification de l'océan et ses conséquences directes sur la vie marine, une altération des cycles naturels qui touche profondément les rondes saisonnières et des répercussions accrues de tempêtes extrêmes : érosion des côtes, pannes d'électricité et des systèmes de communication prolongées et dommages aux logements, routes et infrastructures. En bref, les changements climatiques menacent l'avenir des peuples autochtones, leur existence et leurs droits, ce qui met le Canada dans l'impossibilité de respecter son obligation de réconciliation des souverainetés. »

CCLI

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L'idée de codéveloppement s'impose de plus en plus, non seulement dans le cadre des politiques canadiennes, mais aussi dans celui du développement environnemental et économique au sens large. Fondamentalement, le codéveloppement est axé sur une collaboration en amont entre groupes autochtones et non autochtones pour favoriser des décisions efficaces, adaptées au contexte et durables. Le codéveloppement est l'application pratique de la DNUDPA et des appels à l'action de la Commission vérité et réconciliation pour favoriser la confiance, respecter les leaders et les savoirs autochtones et, ultimement, atteindre des objectifs communs.

L'intérêt grandissant pour des mesures de la réussite des entreprises axées sur la vitalité des relations avec les parties prenantes indique que les chefs d'entreprise ne pourront que constater l'inefficacité des mécanismes de « consultation » unidirectionnels traditionnels. Les entreprises qui veulent prendre des décisions où tous les intéressés se sentent inclus, le codéveloppement avec les groupes autochtones est un bon point de départ.

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